Pourquoi perd-on ses cheveux ?
Avant de choisir un traitement, il faut identifier la cause. Toutes les chutes de cheveux ne se ressemblent pas, et un traitement adapté à l'une peut être inutile — voire inadapté — pour une autre.
D'abord, une chose normale à savoir
Perdre entre 40 et 80 cheveux par jour fait partie du cycle capillaire normal, sans affecter la densité globale. On considère qu'une chute devient excessive au-delà d'une centaine de cheveux par jour, de façon prolongée — c'est ce que l'on appelle une alopécie.
La cause la plus fréquente : l'alopécie androgénétique
C'est la cause de loin la plus répandue de chute de cheveux progressive, aussi bien chez l'homme (70 à 80 % concernés au cours de leur vie) que chez la femme (29 à 42 %). Elle combine deux facteurs indissociables : une prédisposition génétique héréditaire, et la sensibilité des récepteurs situés à la racine du cheveu à la DHT, une hormone dérivée de la testostérone. Cette sensibilité raccourcit progressivement la phase de croissance du cheveu, qui devient de plus en plus fin à chaque cycle, jusqu'à disparaître pour de bon — un phénomène appelé miniaturisation folliculaire.
Ce n'est pas un problème hormonal au sens d'un excès d'hormones
Dans l'immense majorité des cas, la personne concernée n'a pas un taux d'hormones masculines anormalement élevé. C'est la sensibilité locale des follicules à une quantité d'hormones par ailleurs normale qui est en cause — une nuance importante qui explique pourquoi un bilan hormonal sanguin est rarement nécessaire pour poser le diagnostic chez l'homme.
Comment ça se manifeste, selon le sexe
| Chez l'homme | Chez la femme | |
|---|---|---|
| Zones touchées | Golfes temporaux, ligne frontale, puis vertex (sommet) | Élargissement diffus de la raie médiane, sommet du crâne |
| Échelle de référence | Norwood-Hamilton, 7 stades | Ludwig, 3 stades |
| Évolution possible | Peut aller jusqu'à une calvitie complète du dessus du crâne | N'aboutit pratiquement jamais à une calvitie totale |
| Âge de début typique | Dès la puberté, le plus souvent entre 20 et 40 ans | Après 30 ans, souvent à la ménopause |
Approfondir : l'échelle de Norwood-Hamilton en détail
Introduite par James Hamilton dans les années 1950 puis révisée par O'Tar Norwood dans les années 1970, cette échelle identifie sept stades de sévérité chez l'homme, évaluant à chaque étape le recul de la ligne fronto-temporale et la densité au niveau du vertex. Le stade 1 correspond à un léger dégarnissement des golfes ; le stade 7 à une calvitie quasi complète du dessus du crâne, ne laissant qu'une couronne de cheveux résistants sur les côtés et l'arrière — zone qui reste, chez la quasi-totalité des hommes, la zone donneuse utilisée pour une éventuelle greffe.
Chez la femme, l'échelle de Ludwig distingue trois stades, centrés sur l'élargissement progressif de la raie médiane et l'amincissement diffus du sommet du crâne, sans jamais aboutir à la calvitie complète observée chez certains hommes.
Les autres causes à connaître
| Cause | Mécanisme | Réversibilité |
|---|---|---|
| Effluvium télogène (choc physiologique) | Accouchement, fièvre, chirurgie, régime restrictif : bascule brutale de nombreux cheveux en phase de repos, 2 à 4 mois après l'événement | Généralement réversible en quelques mois |
| Stress chronique | Augmentation du cortisol, qui perturbe le cycle capillaire et peut accélérer une prédisposition déjà présente | Partiellement réversible si le stress diminue |
| Carences nutritionnelles | Fer, zinc, vitamine D, protéines insuffisants pour la fabrication normale du cheveu | Réversible en corrigeant la carence identifiée |
| Troubles thyroïdiens | Hypo ou hyperthyroïdie perturbant le cycle pilaire de façon diffuse | Réversible en traitant le trouble thyroïdien |
| Pelade (alopecia areata) | Mécanisme auto-immun, plaques bien délimitées et totalement glabres | Variable, parfois spontanément réversible |
| Médicaments, chimiothérapie | Toxicité directe sur le follicule pileux | Généralement réversible à l'arrêt du traitement |
Quand consulter, et pour quel examen
- Chute rapide et abondante (touffes visibles au brossage) : consultation rapide recommandée.
- Chute diffuse chez la femme : un bilan sanguin (ferritine, bilan thyroïdien) est généralement demandé pour écarter une cause réversible.
- Chute progressive typique (golfes, vertex chez l'homme ; raie médiane chez la femme) : le diagnostic d'alopécie androgénétique est le plus souvent clinique, sans besoin d'examen complémentaire systématique.
- Alopécie associée à de l'acné, de l'hirsutisme ou des règles irrégulières chez la femme : un bilan hormonal complet est recommandé pour rechercher un syndrome des ovaires polykystiques.
Peut-on prévenir l'alopécie androgénétique ?
La prédisposition génétique ne peut pas être modifiée. En revanche, plus un traitement validé (minoxidil, finastéride) démarre tôt après les premiers signes, meilleures sont les chances de ralentir significativement la progression et de préserver la densité existante. Attendre que la chute soit très avancée réduit les options thérapeutiques disponibles et le résultat atteignable.