PRP (plasma riche en plaquettes)
Une injection du propre sang du patient, concentré en facteurs de croissance, pour stimuler les follicules pileux. Une technique prometteuse en complément d'un traitement médical — mais encadrée par une réglementation française qu'il faut bien comprendre avant de réserver une séance.
Le principe
Le PRP consiste à prélever une petite quantité de sang du patient, puis à la centrifuger pour isoler le plasma riche en plaquettes, concentré en facteurs de croissance. Ce plasma est ensuite réinjecté par micro-injections directement dans le cuir chevelu, au niveau des zones clairsemées, dans le but de stimuler les cellules souches présentes dans les follicules pileux et d'améliorer la vascularisation locale.
Ce que montrent les études cliniques
Plusieurs travaux cliniques rapportent une réduction de la chute dès les premières semaines suivant les injections, ainsi qu'une amélioration progressive de l'épaisseur et de la densité des cheveux existants sur plusieurs mois. Une méta-analyse publiée dans l'International Journal of Trichology en 2018 évoque une augmentation moyenne de l'ordre de 14 cheveux par cm² après traitement. Ces résultats concernent les alopécies débutantes à modérées, avec des follicules encore actifs : le PRP ne fait pas repousser de cheveux dans une zone totalement dégarnie où les follicules ont disparu.
Le cadre légal en France : un point essentiel et souvent mal compris
L'ANSM a rappelé dès 2018 que l'usage de concentrés plaquettaires autologues (PRP) à visée purement esthétique est interdit en France, en application du code de la santé publique qui encadre strictement ce qu'il est permis de préparer à partir du sang humain. En revanche, l'usage à visée thérapeutique reste autorisé, et l'alopécie androgénétique peut, selon les cas, être considérée comme relevant de l'un ou de l'autre cadre — la frontière entre motif esthétique et motif médical n'étant pas toujours nette dans les textes.
En pratique, cela signifie que la prescription doit s'appuyer sur une indication médicale réelle (chute significative, retentissement psychologique documenté), réalisée par un médecin, dans un cadre autorisé, avec prélèvement et injection effectués lors de la même intervention sans conservation externe du produit sanguin.
Approfondir : pourquoi cette zone grise existe
La distinction entre finalité esthétique et finalité thérapeutique repose sur une appréciation au cas par cas : une calvitie peut avoir un retentissement psychologique significatif reconnu par un médecin, ce qui justifie une prise en charge à visée thérapeutique, alors qu'une demande motivée uniquement par un souhait de rajeunissement facial (comme le « vampire lift ») reste clairement du côté esthétique interdit.
Cette ambiguïté explique pourquoi certaines cliniques françaises proposent ouvertement le PRP capillaire tout en respectant le cadre légal (consultation médicale préalable, bilan biologique, indication documentée), tandis que d'autres pratiques plus commerciales s'exposent à un risque juridique réel en présentant le PRP comme un simple soin de confort sans réelle évaluation médicale.
- ANSM, communiqué sur l'interdiction des injections de PRP à visée esthétique, janvier 2018.
- AFME, l'injection d'extraits plaquettaires autologues (PRP), 2025.
- International Journal of Trichology, méta-analyse sur le PRP capillaire, 2018.
Déroulement d'un protocole type
| Étape | Détail |
|---|---|
| Consultation préalable | Bilan médical, parfois hormonal et biologique, pour confirmer l'indication |
| Séances d'attaque | 3 séances généralement espacées d'environ un mois |
| Évaluation | À 6 mois pour juger de l'efficacité réelle |
| Entretien | 2 à 3 séances par an si le traitement est jugé bénéfique |
Prix
Le prix d'une séance de PRP capillaire se situe généralement autour de 400 à 450 € en cabinet médical, avec des forfaits pour 3 séances proposés autour de 1 100 à 1 200 €. Ce traitement n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie dans l'indication capillaire.